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La loi a changé, mais l'instruction en famille reste l'instruction en famille !

Régulièrement des erreurs paraissent ici et là. Article pour faire le point au 3 février 2023 avec 3 temps : - Les raisons du changement législatif - Les modalités des contrôles - L'organisation Les raisons du changement législatif Ce matin, j'ai pu lire que ce serait en raison de contrôles négatifs trop fréquents. C'est faux. Les rapports de la DGESCO ( ici et là ) ont toujours établi le contraire avec une quasi totalité de contrôles positifs ! Quand on connaît en plus les attentes pour les familles sans école, on ne peut que douter d'une telle raison. Ainsi, parmi les excès de zèle, la semaine dernière encore, une maman s'inquiétait tant l'inspecteur était allé chercher la "petite bête". La fillette avait réussi tous les exercices demandés, il a regardé le cahier et s'est focalisé sur un "b" écrit "l" en début d'année.. pour une enfant de CP ! Heureusement, la majorité des contrôles se passent bien et les personnes en cha

Bacheliers sans école en 2017 : résultats de 25 candidats



Lorsqu'on débute l'instruction en famille, on ne sait pas toujours jusqu'à quel moment notre enfant restera sans école. De plus, parfois le passage à l'IEF est précoce, parfois tardif.
En tout cas, on s'interroge régulièrement : pourra-t-il obtenir le bac sans école?
Aujourd'hui je vous propose de découvrir les résultats de 25 jeunes sans école, certains ont été scolarisés pour cette préparation, d'autres non. Pour ces candidats sans école, différents choix ont été réalisés.

Pourcentage de réussite de ce panel

20 candidats sur 25 ont obtenu le bac donc 80 % de réussite, vous verrez cependant que ce pourcentage est plus élevé si on tient compte de l'implication des jeunes, des souffrances scolaires passées et/ou qu'on présente une règle essentielle , au moins pour les bacs généraux (cf. bilan). ☺

Quelques précisions : Instruction en famille (apprentissages dirigés ou semi-dirigés par les parents)- Unschooling (pas d'apprentissages imposés) - CPC : cours par correspondance.

Sur les 5 candidats ayant échoué, 4 ont été déscolarisés tardivement :
- Ecole, collège, 3 ans de CPC
- Ecole jusqu'au lycée, 2 ans de CPC
- Ecole, collège, 3 ans Instruction en famille
- Ecole jusqu'au lycée, 2 ans d'Instruction en famille
Or, une déscolarisation tardive intervient souvent en raison de souffrances scolaires...
Une candidate unscho n'était pas très motivée.

Sur 17 candidats non inscrits dans un établissement physique, au moins 2 ont présenté un bac ES; 6, un bac L et 5, un bac S (on ne m'a pas toujours indiqué le détail). Une candidate a opté pour un bac technologique et j'ignore quel bac général ont présenté les trois autres candidats.


13 candidats sur 25 ont décroché une mention dont 5 mentions Bien et 5 mentions Très bien.

Raisons avancées pour ce passage

  • un objectif précis où le bac est nécessaire
  • "pour voir"
  • par défi
  • "pour avoir la paix" ou "pour montrer l'instruction véritable"

  8 candidats scolarisés qui ont connu une période sans école

A. : Instruction en famille jusqu'au milieu du collège- Collège, lycée- Bac général
A. : Ecole- Unschooling de 6 à 11 ans- Collège, lycée - Bac général mention bien
L. : Instruction en famille, puis cours PI- Une année au lycée- Bac général mention très bien
M : Unschooling jusqu'à 10 ans- Collège, lycée- Bac général mention très bien
P. : Instruction en famille du CM1 à la 4e incluse- Collège, lycée : Bac général mention bien
S. : Unschooling- Puis 3 ans au lycée - Bac général
S. : Unschooling jusqu'à 18 ans- 2 ans au lycée - Bac technologique mention bien
W. : Ecole- Ecole à la maison pendant 3 ans- Collège, lycée- Bac général mention assez bien

6 candidats avec cours par correspondance (CPC) au moment du bac

D. : Ecole jusqu'au lycée - 3 ans de CPC : Echec au bac général
E. : Jamais scolarisée. CPC - Bac mention très bien
H. : Unschooling - collège depuis la 5e- puis lycée- CNED 1 an : Bac général mention très bien
J. : Ecole- 2 ans unschooling - Cours du CNED - Bac général
S. : Ecole, collège, lycée- Intenses souffrances scolaires- 2 ans de CPC- Echec au bac général
P. : Ecole à la maison - Cours par correspondance collège et lycée- Bac général mention très bien 

6 candidats instruits en famille (apprentissages dirigés ou semi-dirigés par les parents) au moment du bac

A. : Instruction en famille- Bac général 
A. : Ecole jusqu'au niveau lycée - Instruction en famille- Echec bac général
E. : Instruction en famille- Bac général
G : Ecole jusqu'à la 5e- CPC -Instruction en famille depuis 2 ans- Echec au bac général
M. : Instruction en famille jusqu'au CE2- 3 ans de collège -Instruction en famille- Bac mention assez bien
S. :  Ecole - Instruction en famille pendant 10 ans- Bac général

5 candidats unschoolers (aucun apprentissage imposé) au moment du bac

A. : Unschooling depuis la maternelle - Bac général mention assez bien
A. : Unschooling depuis toujours- Echec bac général (y allait "pour voir")
L :  Une année au CP- Unschooling - Bac général mention bien (article ici)
L. : Unschooling depuis le CE1- Bac général
S. : Ecole au CP- Unschooling -Bac techno mention bien

Bilan 

Le bac est rarement une fin en soi. Il est une étape dans un parcours de vie, que cette étape se solde par une réussite ou un échec. Certains jeunes ayant grandi sans école ne tenteront pas le bac, ils essaieront un autre examen (DAEU ou CAP par exemple) ou bien construiront un chemin différent. C'est un choix respectable et qui n'a pas une valeur moins grande qu'un passage par le bac.

Quand l'échec à l'examen se produit :
  • Certains candidats y sont allés "pour voir". Ils ont généralement picoré le programme en sachant qu'ils pouvaient échouer. Ceux-là avancent à leur rythme, ils ont suffisamment appris à croire en eux pour rebondir. ☺
  • Certains échouent alors qu'ils voulaient vraiment réussir et il est alors difficile d'encaisser la nouvelle... C'est aussi pour eux que je tenais à écrire ce billet car rarement les parents osent témoigner : "est-ce que la communauté non sco acceptera qu'on ternisse l'image de réussite des jeunes sans école?", pire encore "est-ce que les détracteurs de l'IEF ne vont pas tomber sur nous... suis-je un mauvais parent?"... Pour ma part, je crois que la communauté non sco peut entendre une mauvaise nouvelle, c'est pour cela que j'ai écrit cet article parce que je ne crois pas que les familles sans école aient besoin d'entendre ou lire un discours utopiste qui entrainerait de grosses désillusions et pertes de confiance en soi en cas d'échec alors que certains conseils peuvent éviter cet écueil... Et puis, il est important que chacun ait le droit de s'exprimer, de dire son chagrin si besoin...  
  • Quant aux détracteurs, ils seront encore et toujours là. Même avec une mention bien au bac L, même avec un 19 en littérature et un 16 en philo pour L., j'ai entendu que ce n'était rien et que "c'était facile"... Merci de ne pas minimiser les efforts de nos jeunes! Ne tenons pas compte des détracteurs, ils ne construisent pas, leurs avis ne valent rien.
  • Alors pourquoi des échecs en dehors des jeunes qui ont tenté en "free style" sans vraiment s'impliquer parce qu'au fond ça ne les intéressait pas? Pourquoi un échec pour des candidats qui ont parfois étudié très dur? Et bien, une constante revient : la méconnaissance des codes, la non utilisation des annales. Or, je le répète souvent, au moins pour les bacs généraux, la connaissance des codes scolaires, des attentes de l'EN est indispensable... Je connais des jeunes bilingues qui ont parfois obtenu un 9 ou un 10/20 en langue étrangère... Un garçon très calé en chimie avait obtenu une note plus que médiocre il y a quelques années... Dans tous les cas, ce n'était pas une question de connaissances générales, mais de connaissances des codes. Le bac, ce n'est sûrement pas la période la plus intéressante de l'instruction en famille. Aussi observez des annales, regardez comment les réponses sont formulées (tout en gardant à l'esprit que ce sont des professeurs qui les ont réalisées et que le niveau est donc plus important que ce qu'on attend de vous). Quelques pistes supplémentaires en suivant ce fil sur Apprendre avec bonheur.
Rebondir
Après un échec au bac, différentes options se présentent :
  • repasser les examens puisqu'il est possible de conserver les notes supérieures à 10 et de repasser seulement les autres épreuves (lien). 
  • renoncer au moins pendant un temps T. ou attendre et passer le DAEU pour intégrer une fac par exemple
  • passer un autre examen
  • prendre une Gap year (lien)
  • imaginer un autre chemin de vie : certains vont jusqu'à créer leur société alors qu'ils sont très jeunes !
Et en cas de réussite ? 
Car oui, la question peut aussi se poser en cas de réussite ! Le bac est un diplôme, un sésame demandé pour différentes études, mais il n'est pas une fin en soi.
Et bien, des candidats décident finalement de vivre une Gap year (lien) qui parfois dure plusieurs années ! Ils prennent le temps de se construire, d'explorer encore, a fortiori lorsqu'ils étaient de jeunes bacheliers.
D'autres suivent le même parcours que bien des jeunes qui ont grandi à l'école : ils tentent l'université, ils bifurquent ou interrompent leur scolarité.
La vie n'est pas un chemin linéaire.
 
 Commentaire sur ces statistiques :
Dans tous les cas, il y a bien d'autres candidats dont je n'ai pas eu connaissance. Toutefois, tout au long de ces années, je n'ai jamais vu de statistiques comme celles-ci. Des statistiques ne pourraient d'ailleurs être complètes puisqu'il faudrait recenser tous les jeunes candidats au bac de cette année et leur parcours. Les miennes se basent sur la connaissance des candidats que j'avais (groupe d'échanges autour du bac), familles avec qui je suis en contact et témoignages spontanés aussi j'espère qu'elles vous aideront à y voir plus clair.

 Merci d'avoir lu cet article et à bientôt ! 


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