Accéder au contenu principal

La loi a changé, mais l'instruction en famille reste l'instruction en famille !

Régulièrement des erreurs paraissent ici et là. Article pour faire le point au 3 février 2023 avec 3 temps : - Les raisons du changement législatif - Les modalités des contrôles - L'organisation Les raisons du changement législatif Ce matin, j'ai pu lire que ce serait en raison de contrôles négatifs trop fréquents. C'est faux. Les rapports de la DGESCO ( ici et là ) ont toujours établi le contraire avec une quasi totalité de contrôles positifs ! Quand on connaît en plus les attentes pour les familles sans école, on ne peut que douter d'une telle raison. Ainsi, parmi les excès de zèle, la semaine dernière encore, une maman s'inquiétait tant l'inspecteur était allé chercher la "petite bête". La fillette avait réussi tous les exercices demandés, il a regardé le cahier et s'est focalisé sur un "b" écrit "l" en début d'année.. pour une enfant de CP ! Heureusement, la majorité des contrôles se passent bien et les personnes en cha

L'école à tout prix au mépris de la liberté et du bien être de l'enfant

 

Avec consternation, je viens de découvrir la dernière annonce du président Emmanuel Macron (lien vidéo BFMTV et lien Huffington Post).

Cette année, on estime à 50 000 les enfants sans école. 

Le gouvernement s'affole du succès croissant de l'instruction en famille (succès croissant dans de nombreux pays) alors il a choisi de l'associer à l'Islam radical... Le président veut donc imposer l'école obligatoire dès 3 ans en 2021.

Pourtant, selon un sondage-semi étude que j'ai réalisé en 2018 (lien), près de 85% veulent surtout respecter le rythme d'apprentissage de leur enfant ! Seuls 7,4% des parents évoquaient la religion comme facteur de choix et, d'une part la religion en question n'était pas seulement l'Islam et, d'autre part, cette raison n'a jamais été la seule mentionnée.

Peu importe la réalité de l'instruction en famille.

Peu importe que la constitution française garantisse le choix d'éduquer son enfant, peu importe qu'elle garantisse le droit d'instruction. 

Peu importe les larmes qui seront versées...

Des larmes parce que des parents se sentiront dépossédés de l'éducation de leur enfant si cette mesure est effective parce qu'ils n'auront plus de choix. Vous n 'aurez plus de choix.

Peu importe les larmes des enfants car elles seront plus nombreuses encore. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi les élus ne peuvent pas s'intéresser à eux, les principaux concernés !

Le président affirme que, pour raison de santé, ce serait possible.

Mais, Monsieur le Président, depuis cet été, je croule sous les appels à l'aide ! Des parents cherchent à connaitre la législation. Mais cette année, cela a été un raz-de-marée d'interrogations et demandes de conseil en raison de la crise du COVID, des parents ont peur que leur enfant soit contaminé, d'autres ont découvert que leur enfant apprenait mieux et à son rythme durant la période de confinement, d'autres relatent le ras-le-bol de leur enfant avec le port du  masque, certains parlent de crise de panique... 

Raison de santé ? Mais savez-vous que certains parents déscolarisent parce que même s'ils sont une famille à risque, ils n'ont pas eu le droit au CNED réglementé ?

Savez-vous que des parents avec des enfants phobiques ou même parfois des problèmes de santé sérieux se voient refuser le CNED réglementé ? L'accord au CNED réglementé est aléatoire et dépend en fait de la personne responsable du dossier... 

Savez-vous que le CNED réglementé ne convient pas à tous les enfants ?

Savez-vous le temps qu'il faut pour obtenir un diagnostic ? Combien de temps ensuite pour une réponse MDPH reconnaissant le handicap ? Savez-vous que bien souvent la reconnaissance n'est même pas immédiate et qu'il faut faire appel ? Savez-vous que même, une fois toutes ces étapes passées, la réponse pour le CNED réglementé (qui reprend les méthodes qui ne marchaient pas à l'école...) ne sera pas forcément positive ?

L'école à tout prix ? Pourquoi ?

Monsieur le Président de la République, ne méprisez pas les parents responsables qui choisissent d'instruire leurs enfants. Ouvrez ce dialogue que nous réclamons depuis des années... 

Pourquoi toujours s'affronter ? Je croyais, quant à moi, que la République, c'était être un citoyen responsable, s'engager les uns auprès des autres, défendre les valeurs de la République : Liberté, Egalité, Fraternité. Où sont donc ces valeurs s'il n'y a pas de liberté d'apprendre autrement ? Où sont ces valeurs s'il n'y a pas d'égalité qui tienne compte des besoins de chacun ? Où est la fraternité s'il s'agit d'agir en ignorant les larmes de souffrance...

Si vous êtes une famille sans école, je ne peux que vous encourager à rejoindre une association (liste là), ce sont elles qui sont reçues au ministère. Peu importe qu'elles ne soient pas parfaites, elles nous ont souvent défendus, nous avons besoin d'elles !

Si vous êtes une famille avec école ou si vous n'avez pas d'enfant en âge scolaire, indignez-vous. 

A l'ère des masques et regroupements limités, est-il encore possible de se mobiliser correctement ? Je l'espère... A l'annonce de cette nouvelle, je suis profondément choquée et j'ai envie de pleurer parce que je n'oublie pas la chance qu'a été l'instruction en famille pour nous, combien elle était indispensable ! Choquée aussi parce que j''aime la France, je suis agnostique donc preuve vivante qu'Islam et instruction en famille ne sont pas strictement liées... De plus, je suis attachée aux valeurs républicaines, mais cette annonce sonne, selon moi, le glas de la République... 

Quoiqu'il advienne, restons solidaires. La République, c'est aussi la fraternité...Et tout simplement, être solidaires, c'est créer un monde meilleur...

 
Vous cherchez des outils sur l'instruction en famille, cliquez ici pour télécharger gratuitement votre livret "10 clés pour réussir son instruction en famille", pour découvrir mes autres outils gratuits et mes supports pédagogiques
Découvrez les nouveaux billets en vous inscrivant à la newsletter située en haut à droite du blog : clic sur "S'inscrire".

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Instruction en famille / Ecole à la maison soumise à autorisation à compter de septembre 2022

Jusqu'à la fin de l'année scolaire 2021/22, l'instruction en famille est libre. Il suffit de réaliser plusieurs déclarations. Formalités à r etrouver ici . A compter de l'année scolaire 2022/23, l'instruction en famille sera soumise à autorisation et c'est dès à présent qu'il faut y penser ! Rappel : Instruction entre 3 et 16 ans "L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans ." Article L.131-1 du code de l'éducation 8 situations : maladie de l'enfant empêchant la scolarisation handicap empêchant la scolarisation pratique sportive ou artistique intensive itinérance des personnes responsables éloignement géographique de tout établissement scolaire public  situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif harcèlement scolaire enfants sans école en 2021/22 avec rapport positif Pour TOUS : Demande d'autorisation au directeur d'académie du département d

CNED réglementé

Les cours par correspondance du CNED peuvent être "libres" ou "réglementés". Contenu des cours Libres ou réglementés, les cours sont identiques. En version libre, on peut opter pour des cours à la carte (seulement certaines matières). Pour le CNED réglementé, l'ensemble des matières est suivi, un minimum de devoirs est imposé afin de valider l'année scolaire. CNED réglementé : Enfants scolarisés et non instruits en famille Dans la version libre, les inscrits sont considérés comme instruits en famille tandis que les enfants du CNED réglementé sont considérés comme scolarisés . Il est possible de bénéficier de l 'allocation de rentrée scolaire , ce n'est pas le cas pour le CNED libre. Des bulletins de notes sont délivrés et un conseil de classe valide le passage dans la classe supérieure des inscrits au CNED réglementé. Selon le ministère, environ 15 000 enfants de 6 à 16 ans (âge instruction obligatoire) étaient concernés en 2014/201

Décision Conseil d'Etat sur l'instruction en famille

Le 13 décembre 2022, le Conseil d'Etat a statué sur les décrets visant à préciser la demande d'autorisation désormais nécessaire pour les familles françaises.  Et sa décision est, pour moi, ainsi que pour de nombreuses familles un choc. En effet, sans surprise, ils ont validé des décrets visant : à imposer le bac pour la personne en charge de l'instruction (y compris pour des petits de 3 ans),  ils ont confirmé les délais (dossiers entre le 1er mars et le 31 mai alors que bien des familles ont besoin de déscolariser entre décembre et février... ) Pour ce dernier point, il serait cependant envisagé un peu plus de souplesse pour les situations en cours d'année. confirmé le dossier conséquent à réaliser en amont  Mais ils ont ajouté une condition : “Pour la mise en oeuvre de ces dispositions [...] au vu de la situation de l’enfant, quels sont les avantages et les inconvénients pour lui de son instruction, d’une part dans un établissement ou école d’enseignement, d’autre